Je signe donc je suis, l’hypercroissance de l’e-cratie

« Youth for climate », « l’affaire du siècle », « Revoke brexit » etc. 30 ans après la création du web et malgré les succès relatifs des civitech et govtech, l’e-cratie est-elle en train de “passer à l’échelle” ? Oui à en croire les millions de signatures que récoltent ces pétitions en ligne. Reste que “recruter c’est bien, fidéliser c’est mieux” pour paraphraser les DRH des pépites tech…

Derrière la mobilisation en ligne, quel impact du numérique sur notre engagement politique et citoyen ? Réponse à Futur.e.s 2019 avec notre track e-cratie !

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Youth for Climate en Pologne (Crédit Image mage: Valentin Flauraud – Keystone)

Et si la révolution de demain venait de nos boîtes mail ?

Tout le monde a entendu parlé de Youth for Climate, la grève scolaire en faveur de l’environnement qui fait ricaner les climatoseptiques et se mobiliser des centaines de milliers de lycéennes et lycéens dans le monde. Les figures de proue de ce mouvement sont des jeunes femmes, Greta Thunberg, Anuna De Wever, Adelaïde Charlier, etc. qui ont pris la parole via les réseaux sociaux. La rapidité de diffusion des informations que permettent Facebook, Twitter ou Instagram ont généré de nouvelles modalités d’échange et par là de nouvelles formes de mobilisation et de représentativité.

 

Une signature sur Change.org : le nouveau like ?

Qui n’a pas reçu dans sa boîte mail une pétition pour sauver les baleines, arrêter les threads twitter de huit mètres ou faire libérer Soheil Arabi ?
On reçoit tant de sollicitations à inscrire son nom sur une liste déjà interminable qu’on serait tenté de comparer ces appels à signature aux chaînes des années 2000 (“si tu n’envoies pas ce mail à 50 personnes, tu vas être aspiré par ton écran”).

Pourtant il ne faut pas négliger l’impact de ce nouvel outil politique. En 2015, le prix nobel de la paix, Malala Yousafzai, via Change.org, interpelle le Global Partnership for Education (GPE) afin qu’il s’engage à promouvoir une scolarisation de douze ans plutôt que de neuf ans, pour les jeunes filles. La jeune pakistanaise a rassemblé 1 108 045 paraphes. En octobre 2015, le GPE a annoncé son soutien pour un programme de 12 années d’éducation.

Plus près de nous, le mouvement des gilets jaunes est né via la mise en ligne d’une des pétitions les plus signées de France, « Pour une baisse du prix du carburant à la pompe ! » en mai 2018. Six mois plus tard, les signatures se bousculent et fédèrent ses auteurs jusque dans la rue.

Qui dit mobilisation dit représentation. Les réseaux sociaux ont fait émerger de nouveaux représentants qui portent les revendications de leur mouvement. Certains deviennent même des candidats dans le système politique traditionnel. Utiliser les réseaux sociaux permet aux candidats atypiques de contourner les médias institutionnels et de se trouver une communauté au soutien indéfectible. Pour le meilleur et pour le pire.

on en parle A Futur.e.s

  • E-pétition président ! Les nouveaux e-outils de mobilisation – CONFÉRENCE – jeudi 13 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins
  • Génération mobilisation pour le climat : LA nouvelle vague « Y & Z » – CONFÉRENCE – jeudi 13 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins

Au micro :

  • Sarah Durieux – Directrice de Change.org France
  • Marie Toussaint – Co-fondatrice, présidente de l’ONG “Notre affaire à tous” et candidate aux élections européennes.
  • Frank Escoubes  – Co-fondateur de Bluenove, société de conseil en technologie qui a développé la plateforme d’intelligence collective Assembl.

 


Force du cliC ou dérive algorithmique ?

Le journaliste de France culture Roman Bornstein a par exemple démontré dans une étude pour la Fondation Jean Jaurès, « En immersion avec les gilets jaunes » que ce qu’on appelle « les bulles cognitives » -le fait que des algorithmes nous enferment dans des cercles intellectuels- avait favorisé le rapprochement en ligne de personnes qui partageaient les mêmes centres d’intérêts et étaient géographiquement proches, permettant ainsi au mouvement de se structurer et monter en puissance. Car l’algorithme, c’est un ensemble fini d’opérations visant la résolution d’un problème donné. Facebook s’en sert pour optimiser l’affichage des publications sur les murs des utilisateurs, Netflix pour proposer des suggestions en adéquation avec les films précédemment visionnés…
Tout ça pour nous faciliter la vie ! Ou pas ?
La numérisation s’est étendue à toutes les activités humaines et a bouleversé la société. Nos quotidiens sont faits d’interactions avec les outils numériques, générant sans le savoir une multitude d’algorithmes. Les algorithmes de prédictions guident nos choix grâce à une collecte minutieuse de toutes nos données personnelles. Cela soulève de nombreuses questions : sommes-nous encore décideurs ? Quelle est l’influence de ces systèmes de calcul dans sur notre culture ? Quel est impact de ces algorithmes dans notre système de pensée et nos choix ?

on en parle A FUTUR.E.S

  • A l’heure des algorithmes où est notre liberté ? – CONFÉRENCE – jeudi 13 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins

Au micro

  • Flore Vasseur – Membre du Conseil National du Numérique
  • David Colon – Professeur agrégé d’Histoire à Sciences Po Paris

 


tIM BERNERS-LEE DANS SON BUREAU DU CERN (IMAGE : CERN)

Quand le monstre mange son créateur

E-petitions et algorithmes ont un point commun inattendu : les deux posent la question du futur que nous désirons. Il y a 30 ans Tim Bernes-Lee livrait un objet extraordinaire sur lequel il faut aujourd’hui porter un regard critique et se demander à qui appartient internet. Les logiques capitalistes ont déversé leurs forces dans le web, exploitant toutes ses facettes. Ce qui devait être un système de partage et répartition de l’information, accessible à tous est devenu la clé de voûte du capitalisme contemporain. Ou neuro capitalisme. Dès lors, si les solutions des GAFA nous rendent addictes, si les algorithmes nous enferment dans nos bulles, si le traitement du big data par les IA influence nos actions et oriente nos choix etc. C’est qu’il est temps de rentrer en cure. Comment se détoxifier ? On en parle dans un autre track de Futur.e.s : Digital Rehab (plus d’infos très très vite).

A Futur.e.s on en parle :

  • Le web ? Si on faisait RESET ? – CONFÉRENCE – jeudi 13 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins
  • Les tontons du net – CONFÉRENCE – jeudi 13 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins

Au micro :

  • La FING !– Fondation Internet Nouvelle Génération

 


Futur.e.s pose la question du numérique que nous voulons, venez poser votre pierre à l’édifice ! Rendez-vous les 13 & 14 juin au Mobilier national – Galerie des Gobelins !

Prenez vos billets, c’est gratuit, et c’est pas vous le produit